giovedì 8 marzo 2012

Le Caucase à l'heure des élections


Sous les yeux de la communauté internationale, en 2012 et en 2013 les électeurs de Géorgie et d’Arménie seront appelés aux urnes pour les élections parlementaires et présidentielles. En Géorgie, les entraves à la liberté d’information ainsi que la candidature du philanthrope Ivanishvili pourraient poser un problème pour la réélection de M. Saakachvili. L’Arménie, bouleversée par la crise économique, assiste quant à elle au retour au premier plan de l’ancien président Levon Ter-Petrossian.

Le destin commun de la Géorgie et l'Arménie

À la frontière entre l'Europe et l'Asie, le Caucase connaît, depuis l’éclatement de l’Union soviétique, une série de tensions et de conflits, aussi bien dans le Nord sous hégémonie russe que dans le Sud avec ses trois États souverains, la Géorgie, l’Arménie et l'Azerbaïdjan. Les tensions ethniques et indépendantistes se sont accompagnées d’une attention croissante de l’Occident, en particulier due à la richesse de la région et au potentiel qu'elle offre en matière d’approvisionnement énergétique.
D’ici 2013, deux États caucasiens devront renouveler leurs Parlements et élire leurs nouveaux Présidents de la République. En Géorgie, Mikhail Saakachvili devra faire face à l’engagement du philanthrope francophone Bidzina Ivanishvili. En Arménie, la crise économique pourrait remettre en cause la coalition constituée autour de Serge Sargsian et de son Parti républicain.

Géorgie : la Révolution des roses et la montée en puissance de Saakachvili

En Géorgie, les élections parlementaires et présidentielles de 2012 et 2013 auront pour thème central l’instabilité sécuritaire qui a caractérisé le pays depuis la réélection de Mikhail Saakachvili en janvier 2008. En août 2008, les turbulences entre l’État central caucasien et les Républiques autonomes d’Abkhasie et d’Ossetie du Sud aboutissent à une offensive militaire menée par M. Saakachvili sur la ville de Tskhinvali. Cela amène, du côté russe, à une réponse immédiate dans les deux Républiques. L’accord de cessez-le-feu est signé par les deux pays le 12 août 2008. Malgré le soutien de l’ancien président américain George W. Bush, l’offensive militaire n’a sûrement pas renforcé la position politique de M. Saakachvili et l’image qu’il a voulu donner de lui-même.
Devenu président suite aux événements de 2003, connus sous le nom de « Révolution des roses », Mikhail Saakachvili est élu en 2004 et prône au cours de ces mandats présidentiels un rapprochement vis-à-vis de l’Occident : adhésion de la Géorgie à l’UE et à l’OTAN, transformation du pays en un véritable État de droit et également bataille contre la corruption présente dans l’administration publique.
En même temps, le leader du Mouvement national uni poursuit une politique de détachement vis-à-vis de la Russie, dont l’inauguration du pipeline en 2005 visant à l’augmentation de l’autonomie énergétique géorgienne dévient le symbole. Malgré cela, le scepticisme de la communauté internationale a demeuré au cours de ces années et la guerre en Ossetie du Sud à véritablement contribué à augmenter l’attention sur le pays caucasien.
Quelle place pour les libertés ?
Dans son rapport de 2008 sur la Géorgie, l’Organisation suisse d’Aide aux Réfugiés affirme que «depuis la guerre d'août, la liberté de la presse a été réduite. La seule antenne de l’opposition, Kavkassia, a indiqué qu’elle avait subi plusieurs interruptions de programme aux moments prévus de la diffusion de reportages critiques sur le gouvernement ».
Même si Saakachvili a essayé à plusieurs reprises de donner une image démocratique de la Géorgie, en comparaison à la Russie, certains faits contredisent ses déclarations. Par exemple, en novembre 2007, lors des manifestations pacifiques à Tbilissi contre le gouvernement, la chaine de télévision Imedi TV était bloquée par des policiers et des fonctionnaires du gouvernement.
Dans le rapport 2011-2012 de Reporters sans frontières sur la liberté d’information, la Géorgie se trouve à la 104ème place ; l’ONG estime que le pays paie « le prix de la violente répression d’une manifestation d’opposition en mai, et des pressions persistantes contre les journalistes et blogueurs soupçonnés de sympathie pour la Russie. ». En effet, lors des protestations de mai 2011 promues par le mouvement Assemblée populaire de Nino Burjanadze, les policiers auraient tiré des projectiles et provoqué des blessés parmi les manifestants. À propos de ces faits,Amnesty International estime que « le gouvernement n’a procédé à aucune enquête sérieuse et n’a pas non plus lancé d’action de justice ».
Un manque de dialogue entre les formations politiques ?
Malgré les entraves à la liberté d’information, une question demeure cependant ouverte : l’instabilité du régime politique n’est-elle due qu’à l’action controversée de son président? Il s’agit d’ailleurs de la constatation de nombreux observateurs étrangers, et notamment de l’Observatoire Balkans et Caucase. Dans un article sur les protestations de mai 2011, il remarque que leur échec serait véritablement dû à la façon dont l'Assemblée populaire a conduit son opposition au cours de ces années : une opposition totale à M. Saakachvili sans pour autant proposer un vrai projet alternatif de gouvernement. De plus, Nino Burjanadze, leader de ces protestations, serait perçue comme une personne « trop riche et trop liée à la nomenklatura communiste. De plus, la rencontre avec Vladimir Poutine en 2011 a rendu trop évidente son orientation philorusse ».
Tout comme l’Assemblée populaire, le Parti géorgien est le deuxième parti radical et révolutionnaire dans l’échiquier politique. En 2011, les deux partis ont affirmé toute impossibilité de participer aux prochaines élections à cause de l’absence de transparence. Le désaccord entre les formations d’opposition a été également évident au cours du débat sur les amendements à la constitution. Lors de longues négociations poursuivies en 2011, le gouvernement et deux partis d’opposition - Forum national et Notre Georgie - ont finalement trouvé un compromis : l’augmentation du pouvoir législatif au détriment de l’exécutif s’accompagnera d’une réforme électorale avec un mode de scrutin mixte.
La candidature de Ivanishvili
Dans ce contexte, une nouvelle turbulence a été enregistrée le 7 octobre 2011, lorsque Bidzina Ivanishvili, milliardaire et philanthrope géorgien, annonçait son intention d’entrer en politique afin de participer aux élections parlementaires de 2012. Toujours soucieux de se tenir en-dehors des rumeurs des médias, sa candidature a même étonné M. Saakachvili, qui affirmait d’ailleurs en 2008 que M. Ivanishvili n’aurait jamais eu d’ambition politique. Dans une lettre parue surLemonde.fr le 14 novembre 2011, le philanthrope géorgien a critiqué la présidence de M. Saakachvili, affirmant que « de cette situation malsaine est née une culture de l’irresponsabilité des fonctionnaires gouvernementaux et une certaine opacité dans la conduite des affaires », et rappelant également que « la répression brutale des manifestation de 2007 n’a pas été oubliée ».
Accusé par les médias proches de Saakachvili d'être « le bras armé de Poutine », M. Ivanishvili a reçu quelques jours plus tard une réponse frappante au défi lancé : alors qu'il possédait les passeports russe et français en plus du passeport géorgien, les autorités civiles lui enlevèrent unilatéralement la nationalité géorgienne. La même semaine, il dut répondre à une accusation de blanchiment d’argent : des coïncidences véritablement singulières.
Malgré ces enjeux, M. Ivanishvili n’a pas renoncé à son projet. Pour mettre fin à la querelle sur la citoyenneté, il a choisi de renoncer à ses passeports russe et français. Il a également commencé un dialogue avec plusieurs forces d’opposition, ce qui a amené, le 21 février dernier, à la formation de la coalition Rêve géorgien, composée par plusieurs partis en provenance de la coalition des huit : Géorgie démocratique, Notre Géorgie-Démocrates libres, le Parti républicain et le Forum national.
Son programme prône également un changement en matière de politique étrangère : l’intégration progressive de la Géorgie dans les institutions occidentales devra s’accompagner d’une amélioration des rapports avec le partenaire russe, considéré par Ivanishvili comme « un marché très important pour nos biens et nos services, tout en étant situé juste à notre porte ». Un défi lancé à M. Saakachvili, qui a fait de la méfiance vers Moscou l’un des piliers de son action extérieure.

Arménie : un cadre international moins inquiétant

Outre la Géorgie, dans la région du Caucase, l’Arménie connaîtra des élections dans les prochains mois : tout d’abord les élections parlementaires en mai 2012 ; ensuite, les élections présidentielles en février 2013. Contrairement à Tbilissi, plusieurs éléments montrent que le climat politique à Erevan semble bien moins tendu.
En premier lieu, les revendications des territoires du Haut-Karabagh, intégrés à l'Azerbaïdjan mais souhaitant l’indépendance ou bien un rattachement partiel à l’Arménie, n'ont pas amené à des confrontations violentes comme en Géorgie. Ensuite, les rapports avec la Russie sont beaucoup plus apaisés, et les négociations au sommet de Moscou en octobre 2011 ont confirmé de bonnes relations entre les deux États.
La crise économique et les problèmes internes
Bien que l’Arménie dispose de conditions politiques plus favorables, l’inquiétude demeure par rapport au cadre économique récent. L’éclatement de la crise financière et le ralentissement des économies européenne et russe ont entraîné, selon l’agence de notation internationale Moody’s, «un risque pour les perspectives de croissance » et une véritable « vulnérabilité » de l’État caucasien, l’économie arménienne étant fortement basée sur le prix des matières premières. Sur la base de ce rapport, le 21 novembre 2011 Moody’s a révisé l’évaluation de la dette souveraine, de « stable » à « négative ».
Dans un rapport de février 2012, le Forum Politique d’Arménie (PFA), composé par des professionnels arméniens travaillant à l’étranger et notamment aux États-Unis, a confirmé cette perspective, affirmant que la pratique du capitalisme de copinage et la diffusion de la corruption devraient véritablement être au centre des programmes électoraux lors des prochaines élections. Le PFA met également en garde face à une possible dévaluation du Dram, « étant donné le fait que presque 90 pour cent de la dette de l’Arménie est en devises étrangères ».
Oxfam Arménie a tout de même remarqué que, au-delà des problèmes économiques internationaux, l’Arménie n’a pas résolu ses problèmes intérieurs : « un manque de volonté politique, de démocratie, de politiques pour les pauvres ; la corruption, le népotisme et l’impunité». Les difficultés économiques deviennent saisissantes lorsque on consulte les données du recensement de 2011 : par rapport à l’année 2001, la population a diminué d’environ 700 000 habitants.
Le retour sur scène de Ter-Petrossian
Face à une crise économique très dure et aux futures élections, les débats politiques sur l’état de l’Arménie se sont multipliés. À cet égard, une contribution importante a été l’émergence d’une opposition extraparlementaire guidée par l’ancien Président Levon Ter-Petrossian, à la tête du Congrès national arménien.
Tout comme Héritage, les deux formations politiques ne reconnaissent pas Serge Sargsian en tant que Président élu démocratiquement. Sargsian, à la tête du Parti républicain d’Arménie (HAK), a été élu Président de la République aux élections de février 2008. Depuis 2007, la coalition de majorité est composée par le HAK, Arménie prospère et la Fédération révolutionnaire arménienne, liée à la coalition par un accord de coopération jusqu’en 2009.
Si dans un premier temps, suite à l’émergence du Congrès national arménien, la perspective d’une élection anticipée paraissait assez crédible, l’accord entre les partis du gouvernement a cependant été confirmé, même lorsque les rumeurs accréditaient le soutien de Arménie prospère à l’ancien Président de la République Robert Kotcharian. Le 21 février 2012, le parti a en effet éclairé sa volonté de soutenir l’actuel Président. Dans l’attente de savoir si ces indications seront confirmées lors des présidentielles de 2013, il parait évident que les élections de mai seront un tournant significatif pour la scène politique arménienne.
Afin de dépasser les polémiques sur les élections précédentes, les partis de la coalition gouvernementale se sont engagés à assurer que les élections de 2012 et 2013 puissent se tenir de manière transparente. Cet optimisme n'étant pas partagé par les partis d’opposition, ceux-ci ont fort bien accueilli la visite des observateurs de l’OSCE le 1er février dernier. En vue du scrutin de mai, ces partis ainsi que des représentants de la société civile ont demandé la présence d’une délégation de l’OSCE sur le terrain.

Domenico Valenza, “Le Caucase à l’heure des élections”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 5 mars 2012, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1438, consulté le 08 mars 2012

mercoledì 7 marzo 2012

Il TAV. O come indispettire un siciliano


La domanda ingenua di uno straniero e la risposta di un siciliano. Sul TAV, sulla Sicilia, sul non-sense dei dibattiti nel nostro paese.

Vivo all’estero da ormai tre anni. Come spesso mi accade, e come anche altri italiani all’estero potranno confermare, spiegare l’attualità italiana a chi italiano non è operazione difficile e soprattutto frustrante. C’è, da parte dell’ascoltatore, un deficit certo di comprensione. E c’è, da parte nostra, un deficit altrettanto evidente di spiegazione. La domanda del non-italiano è spesso di una tale ingenuità da imbarazzarti: «Perché in Italia siete pro o contro Berlusconi?» oppure «Perché la mafia è così forte nel tuo paese?», o ancora «Perché in Italia ci sono così tanti programmi con donne semi-nude?». Ecco, diciamo che rispondere a una di queste domande impegnerebbe anche il migliore dei dottori di ricerca. Figuriamoci uno studente o un lavoratore, che potrebbe, magari, aver scelto l’estero proprio perché quelle domande non voleva più porsele.
Ma l’Italia, in un modo o nell’altro, fa sempre parlare di sé (e più di quanto si possa credere). Arriva così la notizia degli scontri nella Val di Susa e il dibattito Pro/No-Tav. Ed arriva la solita – insopportabile perché frustrante – domanda ingenua: «Ma perché il TAV non lo fanno prima al meridione e in Sicilia, visto che ci sono poche e vecchie infrastrutture in quell’area?». Eccoci. Con una logica quasi lampante, mi spiazza. Mi costringe a prendere un attimo le distanze dal dibattito stesso. E mi imbarazza. Perché mi rompe un po’ spiegargli che impiego un’ora per andare da Catania a Taormina, poco più di 50 km. Taccio allora. E rifletto.
Il 19 ottobre 2011, la Sicilia ha rischiato di essere tagliata fuori dal Corridoio 1 Palermo – Berlino, una delle grandi linee transferroviarie che, stando al disegno dell’Unione europea, permetteranno dei collegamenti rapidi tra i diversi paesi europei. Precisiamo che, nel caso del Corridoio, si tratta non di tratte ad alta velocità, ma di ferrovia classica. Cosa che non vale per il TAV. A casa nostra, scordiamocelo insomma.
Dal 12 dicembre 2011, i treni notturni a lunga percorrenza, quelli che per decenni hanno collegato il Sud al Nord, sono stati cancellati da Trenitalia. Finita la possibilità di addormentarsi guardando l’Aspromonte e di riaprire gli occhi in Toscana. A Roma, Moretti ci ha imposto nell’ordine sveglia, cambio e attesa.
Il 21 gennaio 2012, il governo Monti ha definitivamente e ufficialmente tagliato il Ponte sullo Stretto dalle infrastrutture da realizzare. Il provvedimento, contenuto nel decreto Cresci-Italia, fa seguito al taglio già effettuato in sede europea lungo lo stesso Corridoio 1. Che la scelta piaccia o meno, non è ancora dato sapere se tali risorse saranno reinvestite nel Meridione.
Così, leggo una dopo l’altra tutte queste notizie. E ripenso all’amico straniero. Per dirgli cosa? Non lo so. Forse che «sì», che ha ragione. O forse magari dirgli che ha torto, dirgli che lui l’Italia non può capirla, che è un paese troppo complicato e che la sua ingenuità non lo porta da nessuna parte, che dovrebbe leggere tanto prima di parlare del mio paese e che inoltre un giorno anche noi avremo il nostro TAV, anche noi potremo attraversare la nostra bella Sicilia in un’ora.
Vorrei dirglielo davvero per tirar fuori l’orgoglio. Vorrei dirgliene quattro perché sono incazzato. Vorrei dirgliene quattro perché non trovo un argomento migliore del suo.
Fonte : Domenico Valenza, «Il Tav. O come indispettire un Siciliano», Blogsicilia.it, 7 marzo 2012.